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Conduire un véhicule requiert des aptitudes physiques, mentales et émotionnelles optimales. La vigilance, la bonne santé, la maîtrise de ses émotions et le respect des règles permettent de garantir sa sécurité et celle des autres usagers. Être en état de conduire, c’est savoir évaluer sa forme, sa concentration et sa capacité à réagir face aux imprévus.
Conduire nécessite certaines capacités essentielles : motricité, vision, audition et réactivité.
Lors de la demande du permis, chaque candidat doit déclarer s’il présente un handicap ou une maladie pouvant limiter la conduite. Dans certains cas, une commission médicale évalue la compatibilité avec la conduite et peut imposer des restrictions inscrites sur le permis (par exemple, le port de lunettes).
Certaines pathologies (hypertension, diabète, épilepsie, apnée du sommeil non traitée…) peuvent entraîner une interdiction temporaire ou définitive de conduire. Toute reprise de la conduite nécessite un suivi médical.
Des aménagements spécifiques (embrayage automatique, rétroviseurs bilatéraux…) permettent à certaines personnes de conduire en toute sécurité. Lorsque ces équipements sont indispensables, la mention correspondante est portée sur le permis.
Aucune visite médicale périodique n’est imposée pour le permis B, mais chaque conducteur est responsable de vérifier régulièrement son état de santé.
Conduire sans respecter une restriction (par exemple sans lunettes) entraîne une amende de 135 €, un retrait de 3 points et l’immobilisation du véhicule.
| Cas de figure | Interlocuteur | Rôle |
|---|---|---|
| Doute sur son état de santé | Médecin traitant | Vérifie la compatibilité avec la conduite |
| Pathologie avérée | Médecin agréé par la préfecture | Statue officiellement sur la capacité à conduire |
| Suspension ou annulation liée à alcool/stupéfiants | Commission médicale préfectorale | Réexamine la possibilité de reprendre la conduite |
Permis A et B : acuité visuelle minimale de 5/10 pour les deux yeux.
Si un œil < 1/10, l’autre doit avoir ≥ 5/10.
Champ horizontal binoculaire : au moins 120°.
En cas de correction, mention 01.01 sur le permis.
Le daltonisme n’interdit pas la conduite.
La vision peut se dégrader avec l’âge : un contrôle régulier est nécessaire.
Si la vision nocturne est affectée, le permis peut être limité à la conduite de jour (code 69).
Un conducteur ayant 10/10 distingue un panneau d’entrée d’agglomération à 50 m et un panneau de limitation de vitesse hors agglomération à 150 m.
Les panneaux bleus d’autoroute sont reconnaissables à environ 500 m.
L’usage d’oreillettes, écouteurs ou casques audio est interdit au volant.
Une bonne audition est indispensable pour détecter les klaxons, sirènes ou bruits de freinage.
Une musique trop forte réduit la perception des sons extérieurs et augmente le risque d’accident.
Bien entendre permet aussi de localiser et interpréter les sons liés à la circulation.
Certains médicaments altèrent la vigilance, la vision ou la coordination.
Trois pictogrammes indiquent le niveau de risque :
| Niveau | Message | Conduite |
|---|---|---|
| 1 | Soyez prudent | Lire la notice avant de conduire |
| 2 | Soyez très prudent | Avis médical recommandé |
| 3 | Danger | Ne pas conduire |
Ne jamais prendre un médicament sans consulter la notice.
⚠️ Mélanger alcool, médicaments et drogues multiplie fortement les effets indésirables et le risque d’accident.
L’usage de stupéfiants (cannabis, cocaïne, ecstasy, etc.) est strictement interdit.
Ils provoquent des troubles du comportement et diminuent les réflexes.
Dépistage : salivaire ou urinaire.
Systématique : accident corporel ou mortel.
Possible : en cas de simple soupçon ou infraction.
Traces détectables plusieurs jours (jusqu’à 5 jours pour le cannabis).
Test positif → véhicule immobilisé.
Conduire après usage de stupéfiants = délit → retrait de 6 points, amende, suspension du permis, voire prison.
| Conducteur | Taux maximum autorisé |
|---|---|
| Apprenant ou période probatoire | 0,20 g/L de sang (0,10 mg/L d’air) |
| Conducteur confirmé | 0,50 g/L de sang (0,25 mg/L d’air) |
Un « verre standard » correspond à 10 g d’alcool pur :
10 cl de vin à 12°,
25 cl de bière à 5°,
3 cl de spiritueux à 40°.
Réduction du champ de vision,
Diminution de la concentration,
Temps de réaction allongé,
Geste imprécis et mauvaise évaluation des distances.
L’alcoolémie atteint son pic après 1 à 2 heures (ou 15–30 min à jeun).
Le foie élimine environ 0,10 à 0,15 g/L par heure.
Eau, café ou « énergisants » n’ont aucune efficacité.
Alcootest (chimique/électronique) = présomption.
Éthylomètre ou prise de sang = preuve légale.
Le taux varie selon le poids et le sexe.
Dès 0,20 g/L (permis probatoire) ou 0,50 g/L (autres) → 6 points retirés.
À partir de 0,80 g/L → délit, retrait de 6 points, amende jusqu’à 4 500 €, suspension ou annulation, voire 2 ans de prison.
Refuser le test = délit.
En cas de soirée, désigner un capitaine de soirée.
L’association alcool + drogues ou médicaments multiplie considérablement le risque d’accident.
La vigilance est la capacité à réagir à tout moment face à un événement inattendu.
Elle diminue à cause de :
la fatigue ou le manque de sommeil,
la monotonie de la route,
la routine (trajet connu),
les émotions fortes (colère, joie, tristesse),
la distraction (téléphone, GPS, passagers…).
Ne pas téléphoner ou envoyer de messages.
Ne pas manipuler le GPS en roulant (privilégier le guidage vocal).
Ne pas manger, boire ni se maquiller en conduisant.
Lire un SMS multiplie le risque d’accident par 23.
Le téléphone tenu en main ou l’oreillette = 135 € d’amende et −3 points.
À 110 km/h, détourner les yeux de la route 3 secondes = 120 m parcourus à l’aveugle.
La somnolence résulte d’un manque de sommeil ou d’un sommeil non réparateur.
Elle provoque une baisse de vigilance, un ralentissement des réflexes et des bâillements fréquents.
Difficulté à se concentrer,
Raideurs dans le cou et le dos,
Paupières lourdes, yeux qui picotent,
Besoin de changer de position,
Bâillements répétés.
Une sieste de 20 minutes permet de récupérer environ 50 % de ses capacités.
Ne pas prendre la route en dette de sommeil.
Faire une pause de 15 minutes toutes les 2 heures.
Éviter les trajets entre 2 h et 5 h et 14 h et 16 h.
Manger léger et éviter l’alcool.
Attention à certains médicaments.
Le risque d’accident est multiplié par 16 en cas d’endormissement au volant.
Un stress élevé perturbe la concentration et augmente le risque d’erreur.
Se croire infaillible conduit à ignorer les règles ou à sous-estimer les risques.
Colère, joie, rupture ou contrariété perturbent la concentration.
Ne conduisez jamais sous le coup d’une émotion forte.
Ne cédez pas à la pression d’un passager ou d’un autre conducteur.
Vous seul décidez de vos actions. Refusez toute prise de risque inutile.