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Conduire dans des conditions difficiles demande une vigilance accrue et une adaptation constante de sa conduite. Qu’il s’agisse de la nuit, de la pluie, du brouillard, de la neige, du verglas, du vent ou du soleil, chaque situation modifie la visibilité, l’adhérence et la perception du conducteur. Pour garantir sa sécurité et celle des autres, il est essentiel d’ajuster sa vitesse, d’utiliser les feux appropriés et d’adopter les bons réflexes face aux dangers spécifiques de chaque condition.
La conduite nocturne comporte davantage de risques que celle de jour, bien que la circulation soit plus faible.
Dans l’obscurité, les contrastes diminuent et les repères visuels se font rares, ce qui fausse l’estimation des distances et des vitesses. Certains usagers, peu ou mal éclairés, peuvent être aperçus trop tard, et la fatigue augmente les risques d’assoupissement.
Chaussée non éclairée : la nuit, en agglomération comme à la campagne, on circule en feux de route.
Croisement ou suivi d’un véhicule : on repasse en feux de croisement pour ne pas éblouir.
Routes étroites et sinueuses : en dehors des villes, les feux de brouillard avant peuvent compléter les feux de route.
En ville : utiliser les feux de position ou de croisement selon l’éclairage.
Hors agglomération : privilégier les feux de croisement.
Chaussée éclairée : lorsqu’un éclairage public est présent (en ville ou dans un tunnel), les feux de croisement restent recommandés.
Au lever ou à la tombée du jour, les formes et les couleurs deviennent floues : il est donc important d’allumer les feux de croisement pour rester visible.
Lorsqu’on passe des feux de route aux feux de croisement, réduire la vitesse car la visibilité chute à une trentaine de mètres environ.
Pour un dépassement sûr, un échange visuel ou lumineux entre les conducteurs peut être utile. En cas de besoin, faire un appel lumineux sans éblouir.
Pour ne pas être aveuglé :
De face : ne pas fixer les phares et regarder vers le bord droit de la route.
Dans le rétroviseur : activer la position nuit.
En cas d’éblouissement, on peut avertir de sa présence avec un bref appel lumineux ou en faisant clignoter les feux stop.
L’éblouissement modifie la perception des distances, et les yeux mettent 5 à 6 secondes à retrouver une vision normale.
Quand il pleut, la visibilité diminue et la route devient glissante.
Les feux de croisement sont à privilégier, et en cas de forte pluie, on peut utiliser les feux de brouillard avant. Les feux de brouillard arrière, eux, restent interdits.
Sur chaussée mouillée, l’adhérence est environ deux fois moins bonne que sur sol sec, surtout en début de pluie.
Elle dépend de l’état de la route, des pneus et des suspensions.
La distance de freinage est alors doublée.
Rouler vite sur route mouillée peut faire perdre tout contact avec le sol : la voiture glisse sur l’eau, et le conducteur perd le contrôle. Des pneus usés accentuent fortement ce risque.
Pour éviter la buée ou le givre, activer la climatisation, le désembuage et le dégivrage arrière. Ces systèmes permettent d’assécher l’air et d’améliorer la visibilité.
Quand la visibilité baisse, allumer au minimum les feux de croisement, et si le véhicule en est équipé, les feux de brouillard avant et arrière.
Adapter la vitesse selon la visibilité.
Augmenter les distances de sécurité.
Toujours pouvoir s’arrêter dans la zone visible devant soi.
| Visibilité | Vitesse max | Distance de sécurité |
|---|---|---|
| 50 m | 50 km/h | 50 m |
| 70 m | 70 km/h | 70 m |
| 80 m | 80 km/h | 80 m |
Suivre de trop près un autre véhicule.
Dépasser sur une route à double sens.
Utiliser les feux de route, qui réfléchissent dans le brouillard.
Rouler uniquement en feux de position.
Laisser le feu de brouillard arrière allumé une fois la visibilité rétablie.
Quand la neige tombe, les feux de croisement doivent être allumés.
Les feux de brouillard avant peuvent être utilisés seuls ou en complément, et les feux de brouillard arrière uniquement en cas de forte chute de neige.
Sur route enneigée, elle est environ quatre fois plus faible que sur route sèche.
Dans les zones montagneuses, certains départements imposent l’équipement hivernal (chaînes, chaussettes ou pneus hiver sur les quatre roues).
Une signalisation indique l’entrée et la sortie de ces zones.
Le verglas se forme surtout sur les ponts, dans les sous-bois et aux endroits à l’ombre.
L’adhérence devient quasi nulle : il vaut mieux éviter de rouler.
Quand le verglas apparaît par plaques, il est difficile à détecter et rend le dérapage très probable.
Pour limiter les risques, on peut équiper son véhicule de pneus thermogommes.
Par grand froid, éviter de serrer le frein à main en stationnement : enclencher plutôt une vitesse.
Le principal danger du vent est le déport latéral.
Lorsqu’on quitte une zone exposée pour une zone abritée, la poussée du vent disparaît soudainement, provoquant une déviation de trajectoire — surtout lors du dépassement d’un poids lourd.
Les manches à air placées sur le bord des routes indiquent la direction et la force du vent.
Réduire la vitesse.
Garder ses distances avec les deux-roues.
Éviter de prendre la route en cas de tempête si possible.
Un soleil bas dans le champ de vision peut aveugler le conducteur et réduire fortement la visibilité.
Il est alors conseillé de ralentir pour rester capable de s’arrêter dans l’espace visible (70 m de visibilité = 70 km/h maximum).
Après un éblouissement, l’œil met plus de trois secondes à retrouver une vision normale.
Les alternances rapides d’ombre et de lumière (comme sur les routes bordées d’arbres) fatiguent la vue et nécessitent une attention accrue.